On ne part pas du pôle Sud au pôle Nord par goût de la ligne droite. On part pour se perdre. Pole to Pole est de cette trempe-là. Un voyage sans carte confortable, où le corps précède la pensée et où chaque paysage impose son rythme.

La glace d’abord. Le silence blanc, presque agressif, où l’effort devient une conversation intérieure. Puis la jungle. L’humidité, la peur primitive, les eaux sombres où glisse l’anaconda, gardien d’un équilibre fragile. Plus loin, l’Himalaya coupe le souffle et oblige à marcher lentement, jusqu’à ce que l’altitude fasse tomber les masques. Le Pacifique se retire, emportant avec lui des mots et des mémoires. Le Kalahari enseigne l’économie du geste. Le pôle Nord ferme la boucle, sous la glace, là où le monde semble tenir sur un fil.

Will Smith avance sans posture. Il écoute. Il apprend. Il se laisse traverser par les lieux et par celles et ceux qui les habitent. Scientifiques isolés, peuples anciens, guides silencieux : tous savent que la planète ne se conquiert pas, elle se comprend.

Filmé avec une ampleur discrète, presque humble, Pole to Pole ressemble moins à une série qu’à un carnet de voyage ouvert sur la table, taché de froid, d’eau, de sable. Une traversée qui rappelle qu’explorer, aujourd’hui, c’est surtout réapprendre à regarder.

Disponible sur Disney+ et diffusée sur National Geographic à partir du 19 janvier.